Bouyahmed. a
La bibliophilie est l’amour des livres, pour longtemps on a aimé les manuscrits et on les a collectionné, reste que avant
l’invention de l’imprimerie, le livre a été la propriété absolue d’une caste dans la société à savoir les rois, les papes et les monastères, car les livres étaient fort couteux.
De l’ancien volumen au codex il ne reste que pu de manuscrits garder dans des musés d’une manière ultra secrete, au passage de
moyen âge les « monastères avait une pièce réservée aux copistes, le scriptorium» (Michel Vaucaire p 1). De couvents à l’autre on copier des textes, une activité surtout
religieuse qui est nait au septième siècle dans les monastères anglais et irlandais et à partir de neuvième siècle par les copistes français, par l’introduction des ornements et les
illuminations, puis suivi par les « livres d’heures», médiévaux qui s’intéressent aux chroniques historiques et les romans de chevalerie.
L’invention de l’imprimerie par Gutenberg a eu comme effet la démocratisation d’accès à une large majorité des lecteurs
aux livres qui a demeuré l’apanage d’une catégorie sociale noble. A partir de cette époque des incunables (1450-1500), la production de livre cherchait à se perfectionner et créer des
meilleurs manuscrits, une pratique qui a fait émerger les premiers collectionneurs aux beaux livres. Qui donnera par la suite la bibliophilie.
Mais la question qui reste posée c’est quoi la bibliophilie et en quoi diffère de la bibliomanie ou de la philatéliste ? quels
sont les critères pour différencier un beau livre d’un autre ? quel est le critère de la bibliophilie et le marché de la bibliophilie d’antan et les nouvelles tendances bibliophiles ? tas de
questions que je tenterai de répondre dans ce modeste travail de recherche.
Définition de la bibliophilie
Dans une rencontre littéraire organisée par radio Prague (Véclav Richter p1) disait, que « les livres sont comme les hommes. Ils
peuvent être beaux, médiocres ou franchement laids et ils peuvent ainsi rendre aux écrivains de bons ou de mauvais services». Une conception qui s’inscrit dans l’optique de Michel Vaucaire,
qui a nommé trois principes qui détermine la valeur d’un livre, l’intérêt, la beauté et la rareté, des paramètres que je développerai dans les pages qui suivent.
Un lecteur ordinaire ne prête guère attention au contenant, néanmoins, il existe certains lecteurs qui se passionnent à
l’esthétique d’un manuscrit. Ceux qui s’appellent les bibliophiles. Une appellation qui s’est propagée depuis la fin de XIXème siècle pour contrecarrer le déclin de livre causé par l’émergence de
l’industrie de livre a grand tirage. Une situation qui a poussé les amateurs des beaux livres a rappelé les anciennes méthodes de production des livres. « La bibliophilie n'est pas
seulement l'amour des livres, ce qui est une définition qu'on trouve souvent dans les dictionnaires, mais que c'est surtout une discipline artisanale et artistique». Et «pour être apprécié par
des bibliophiles, un livre doit être imprimé, avec de beaux caractères et sur du bon papier, avec de belles illustrations et bien sûr le texte imprimé doit avoir une qualité littéraire
incontestable ». M. Vaucaire
(p6).
Le bibliophile est un amoureux de livres qui est souvent fier de sa bibliothèque et de sa collection, mais un érudit qui possède
de nombreux livres peut ne pas être bibliophile, un bibliophile n’a pas besoin d’une tonne de livre pour devenir un bibliophile, le député de Québec, Français Boulard mort 1825, possède 700
000 volumes, mais il n’a jamais été bibliophile. La bibliophilie est un art de celui qui aime les livres et en particulier les ouvrages rares et précieux.
Panorama historique de la bibliophilie
Certes le livre au sens moderne trouve son origine à la renaissance avec l’invention de l’imprimerie par Gutenberg. Si le livre
est le signe naturel de l'activité intellectuelle dans une société, le manuscrit écrit orné d'illustrations originales trouve, bien avant Gutenberg, ses premières sources. Des illustrations
qui se remarquent dans les manuscrits antiques, très souvent d'ailleurs rattachés au monde du sacré : ainsi le caractère rituel des papyrus égyptiens, des rouleaux judaïques et chinois, des
enluminures byzantines, des chroniques et livres d'heures médiévaux, des incunables de la Renaissance. Plusieurs de ces formes du livre ancien joignent à une calligraphie nettement artistique,
dans son écriture solennelle et officielle des lettres décorées, des titres, des illustrations de topographie, de constructions, de paysages, de personnages, en dessins, et plus tard en estampes
et gravures.
Au IV siècle av J.C., pour conserver ce témoignage, Ptolémée 1er successeur d'Alexandre Le Grand, fonda la Grande Bibliothèque
d'Alexandrie. Ses fils Ptolémée II Philadelphe et surtout Ptolémée III Evergète en firent le joyau rayonnant de la culture grecque au siècle suivant, Callimaque, cet érudit fut et pour longtemps
le responsable de cette grande bibliothèque, où il inventa la méthode de classement par tableau, le catalogue, connue sous le nom Pinakès. Une bibliothèque qui a détenu les trois œuvres tragiques
grecs, Sophocle, Euripide et Eschyle, des manuscrits si volumineux, pour Ptolémée III, qui payera un lourd tribut à Athènes, plutôt de s’en séparer. Ptolémée use tous les moyens pour enrichir sa
bibliothèque, Ptolémée exhorte tous les souverains de lui envoyer tout ouvrage écrit digne d’intérêt ; les œuvres sont empruntées contre gage le temps de les copier, il confisque tout
manuscrit qui arrive par voie maritime au port d’Alexandrie, qui seront copiés par les copistes.
L’ère de volumen, tous les manuscrits produits jusqu’au IV siècle étaient produits sur volumen, malgré la percée de
christianisme qui est considéré comme une religion de Codex. Il faut attendre le déclin des deux civilisations gréco-romaines et l’hégémonie de l’église, pour voir l’essor de
codex.
Au moyen-âge, le livre, était réservé aux dignitaires de l’église et monastères, une période où l’histoire de la bibliophilie
n’a pas encore commencé et surtout submergé par l’histoire de livre. A cette époque la bibliophilie été un domaine réservé aux gens riches. Les manuscrits sont reliés d’ivoire, d’or,
d’argent, de pierres précieuses, le goût du faste n’a pas de limite. Les livres d’heures de personnages célèbres en sont la parfaite illustration. Les librairies des papes d’Avignon, des
rois et princes de France et à partir du XIIe siècle, les bibliothèques monastiques, sont la parfaite démonstration.
La renaissance a connu l’essor et l’explosion de la transmission des connaissances, sous l’influence de Fust et Gutenberg, une
invention qui va changer le cheminement de l’histoire, le livre est devenu, une activité de loisir, sous l’effet des éditeurs belges,( une situation qui a déclenché un grand débat sur le droit
d’auteur en France) qui reproduisent sans compter les éditions originales, cependant la bibliophilie, cherchait des manuscrits des grands textes, publiés par les éditions originales, qui sont
illustrées par de grands peintres et réalisées avec le plus grand soin, telle l’édition du théâtre de Racine avec bandeaux de Poussin.
La renaissance compte plusieurs éditeurs célèbres, qui ont produit des œuvres majeures, Fust et Gutenberg, de Mayence, ont
produit « la célèbre Bible, non datée, mais antérieure a 1855, qui est devenue l’ancêtre de tous les livres imprimés». (Michel Albaric bibliothécaire CNRS, p 3). En France, le
premier livre fut imprimé à Paris, en 1476, par Pasquier Bonhomme : Les chroniques de France, dites de Saint-Denis. Par contre le premier livre en langue française est publié par William Caxton
de Bruges, un ami de Colard Mansion, qui s’installe à Westminster, en Angleterre, c’est lui qui publia les plus recherchés des incunables anglais, et c’est lui qui publia le premier livre
français et anglais, Recueil des histoires de Troyes, Recuyell of the Histories of Troy, de Raoul Lefèvre. Même si en France on conteste le livre de Caxton, par le livre non daté paru a
Lyon : Le livre nommé les Merveilles du monde. Il y a lieu de signaler que la reliure commerciale apparaît au XVIe siècle avec les célèbres bibliophiles français, Jean Grolier de Servières et
Thomas Mahieu.
Le XIXe siècle est marqué par la révolution industrielle, et le déclin de l’esthétique livresque, le recours massif aux papiers
à base de pate de bois, par les grands éditeurs industriels, qui faisait appel aux techniques de composition mécanique, a fait émergé le livre au mauvais papier, une situation qui poussera
les grands amateurs bibliophiles a crée des sociétés pour éditer leurs propres livres, ainsi la bibliophilie retrouve certain caractère d’antan.
Les bibliophiles célèbres
On peut faire débuter l'histoire de la bibliophilie à la fondation de la bibliothèque de Ninive par le roi Assurbanipal (668-626
av. J.-C.). Le philosophe Aristote (384-322 av. J.-C.) possédait une bibliothèque privée qui servit, dit-on, de modèle à la grande bibliothèque d'Alexandrie constituée par Ptolémée II, ce dernier
peut être considéré comme le premier bibliophile de l’histoire, même si la collection des tous les livres du monde ne fait pas de toi un bibliophile.
À Pergame, en Asie Mineure, il faut citer celle d'Eumène II. Au Moyen Âge d'importantes bibliothèques furent constituées celle
d’Avignon, Rois et princes de France, les églises, les monastères et les cathédrales. Les universités commencèrent également à rassembler des livres. L'intérêt pour la collection de livres
apparaît dans Philobiblon (1473), ouvrage autobiographique de Richard de Bury, évêque de Durham, publié à titre posthume. (Jean-Baptiste Baronian, p35).
Encouragé par l'esprit humaniste et le développement de l'imprimerie, les sociétés cultivées des XVe et XVIe siècles ont
rassemblé des collections d'ouvrages manuscrits et imprimés. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, la conservation des livres devint de plus en plus fréquente en Europe. En France, Richelieu,
Mazarin et Colbert constituèrent d'importantes bibliothèques.
Dans les pays germaniques, on peut citer August, duc de Brunswick et l'Électeur Friedrich Wilhem de Brandebourg. En
Grande-Bretagne, les activités des collectionneurs de livres aboutirent à la fondation du British Museum en 1753. Objets de convoitise, les bibliothèques firent également partie des tributs de
guerre. Au XVIIe siècle, Gustave Adolphe, roi guerrier suédois, expédia dans son pays des bibliothèques complètes provenant des pays qu'il avait conquis. Charles X de Suède et la reine Christina
firent de même pour constituer la bibliothèque royale de Stockholm en Suède.
Parmi les collectionneurs américains célèbres, on peut citer John Pierpont Morgan, Henry Edwards Huntington et James Lenox, dont
la collection fait aujourd'hui partie de la New York Public Library. Au XIXe siècle, Londres était le centre du marché international des livres rares. Parmi les ouvrages rares, on peut citer la
Bible de Gutenberg (imprimée à Mayence, en Allemagne entre 1450 et 1456) et la première édition des pièces de Shakespeare (1623).
Critères et matériels de la bibliophilie
L'attrait bibliophilique d'un ouvrage repose sur un certain nombre de critères. Certains livres peuvent avoir de la valeur parce
qu'ils ont été imprimés en nombre limité ou parce qu'ils ont été composés à la main, fabriqués avec un papier de grande qualité, ou en raison de procédés de reproduction ou de reliure
exceptionnels. Les livres les plus convoités sont les premières éditions (dont le nombre d'exemplaires imprimés est généralement peu élevé) des œuvres d'un écrivain connu.
Les incunables et les livres du milieu du XVe siècle ont été publiés en nombre relativement restreint. Les exemplaires qui nous
sont parvenus n'en sont que plus précieux. Avant de parler sur les critères de la bibliophilie, il est indispensable de parler sur les outils de la bibliophilie, fort intéressant pour le
bibliophile de consulter est de faire recours a la bibliographie, il existe des ouvrages de référence bibliographique sur les livres bibliophiles, c'est-à-dire des livres catalogués dans la
catégorie de livre rare.
S’il est facile pour un collectionneur de reconnaitre les pièces qui lui manquent, il n’est pas de même pour un bibliophile, qui
doit connaitre les ouvrages de références bibliographiques sur la bibliophilie. Toutefois, avant de choisir les livres rares, il faudra aussi connaitre les bons ouvrages bibliographiques sur la
bibliophilie, une situation qui nécessite le recours au professionnel de livre et l’histoire des éditions originales. Le terme édition originale, est apparu en France au début de XVIIIe
siècle, en réaction aux différents vols subi par les imprimeurs français par les hollandais et les belges, une situation qui a poussé les imprimeurs français a cherché des moyens de protection,
pour différencier les premières éditions des contrefaçons, « la convention adopta un décret le 19 et 24 juillet 1793. Présenté par Lakanal et qui stipulait que ; que tout contrefacteur
sera tenu de payer au véritable propriétaire une somme équivalente du prix de 3000 exemplaires de l’édition originale…». M. Vaucaire. (p25).
Revenant aux outils de la bibliophilie, celui qui veut être un bibliophile doit d’abord, munir d’une grande documentation
bibliographique, il y a des détails forts à connaitre, même les bibliographies ne suffisent pas, Les liaisons dangereuse, est publié plus de vingt fois en 1872, un seul a de la valeur. Les livres
rares qui tiennent leur valeur de défauts d'impression ou de reliure (couverture défectueuse, page de titre manquante ou en trop, erreur typographique importante, etc.) constituent une catégorie
spéciale, Candide de Voltaire, entre deux éditions presque semblables, l’un veut dix fois plus que l’autre, a cause d’une erreur typographique.
On peut citer parmi les bibliographies utiles le : Catalogue de la bibliothèque Rochebiliere, de Claudin, Bibliographie des
principales éditions or d’écrivains français du XVe au XVIIIe, par Jules Le petit. Pour le XIX siècle, l’œuvre de Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIX et Bibliographie de la littérature
française de 1800 à 1930, pour le XX siècle de Thième.
Après avoir étaler l’outil de la bibliophilie et une brève évocation des éditions originales, on arrive aux critères proprement
parlé de la bibliophilie, Michel Vaucaire dans son livre Bibliophilie, mentionne trois critères qui rentrent dans le jugement de la valeur d’un livre, l’intérêt, la beauté et la rareté. Mais ils
ne sont pas les seuls. A côté de ces critères il y beaucoup d’autres paramètres qui rentrent de l’évaluation a une œuvre rare, le plus évident de tous, est celui de l’édition qui doit être
originale. Le roman de Pierre Choderlos de Laclos Les liaisons dangereuses, que j’ai déjà évoqué, un roman où on constate de très importantes variations de prix entre une première et une
deuxième édition, souvent presque contemporaines : un mois seulement sépare les deux premières éditions, toutes deux datées de 1782. Si la seconde est vendue 725 euros, l’édition originale
atteint facilement un prix dix fois plus supérieur.
La reliure, un critère si important pour le bibliophile, les plus belles sont en maroquin, tout en méprisant celle fait de veau
ou de basane, certains bibliophiles riches, n’hésitent pas à remplacer les reliures originales par le maroquin, toutefois cette pratique de remplacement a été remise en cause, quant le
traitement fut appliqué a des livres n’en avaient pas besoin, un effet de mode remis en cause, pour donner une signification a l’édition originale et définitive.
Il y a des nombreuses illustrées qui sont recherchées par les bibliophiles, si en au XVIII siècles, les illustrés romantiques
sont ridiculisés a cause de cartonnage mosaïques, quinze ans après, ces mêmes ouvrages avec la reliure originale sont trop recherchés. Vaucaire disait sur cette mode qui change chaque dix ans, «
pour les auteurs relativement modernes, la mode change aussi tous les cinq ou dix ans. Certains grands maitres retombent dans l’ombre, d’autres en sortent, puis le temps fait son travail.
De très bons livres ont été parfois soldés : c’est ainsi que, peu avant la dernière guerre, on trouvait pour une somme dérisoire chez un libraire du quartier latin l’édition originale des Chants
de Maldoror de Lautréamont. Ce Lautréamont vaut maintenant plus de 2000 F…», Vaucaire (p29).
Il y a un autre critère de la bibliophilie qui est développé par Anne Lamort, une libraire parisienne, en occurrence la
provenance, elle disait : « la provenance est un aspect extrêmement important du livre, qui peut parfois primer sur le texte même. Toutefois, le livre idéal est ce que l’on nomme en
anglais une «association copy», soit un texte intimement lié à son possesseur, comme par exemple un livre sur la condition féminine marqué aux armes de Mme de Pompadour», citée par Buvat
Valentine Le Journal des Arts - n° 149, p 5. Un critère qui rejoint celui de Michel Vaucaire à savoir l’intérêt, « il est plus intéressant de posséder la première édition d’un ouvrage,
donnant son premier texte et dans la présentation d’origine. Plus intéressant aussi de trouver un exemplaire ayant appartenu a un personnage important possible a lui dédicacé» (p 30), les
échanges et envois d’ouvrages entre des personnages, augmente la valeur d’un livre, Madame Bovary de Flaubert dédié a Elisa Chésinger, est un roman qui peut déclencher une bataille à l’enchère
entre les bibliophiles. Comme les livres avec autographe, qui peuvent être vendu dix fois plus chère ou les ex-libris, qui est une gravure d’un collectionneur ayant possédé le livre. Trouver un
livre de Mercier et Villboeuf, deux grands bibliophiles, augmentera forcément le prix de livre, pour reprendre les termes de M. Vaucaire, (p4) « on ne peut rester indifférent à une très
belle typographie, à une illustration recherchée, à une reliure attrayante dont l’effet décoratif enrichit sans conteste les rayons d’une bibliothèque».
Néanmoins, le critère de rareté évoqué souvent par M. Vaucaire est si important pour un tas de livres, mais il n’est pas
toujours un paramètre de valeur pour la bibliophilie, il existe des livres introuvables qui se vendent a des prix bas.
Enfin, certains livres prennent de la valeur rare, parce qu'ils ont appartenu à des personnes célèbres ou tirés qu’a vingt
exemplaires, parfois en raison des inscriptions ou des annotations qu'elles y ont apportées et ceux qui sont victimes d’inondation ou d’incendie. Les ouvrages non imprimés figurent également
parmi les articles précieux aux yeux des bibliophiles.
La différence entre collectionneur et bibliophile
Les bibliophiles aiment les livres pour ce qu’ils leur apprennent, les bibliomanes ne sont que des collectionneurs de livre, ces
derniers sont scindés en deux, ceux qui aiment cachés leurs livre «les adeptes du placard» et ceux qui aiment montrer ceux qui aiment cacher. Au départ le bibliophile est
collectionneur aussi, au même titre que tous ceux qui s'adonnent à une philie de collection et de réunion. Reste que la différence est immense, le collectionneur travaille pour amasser des
parties éparses, c'est-à-dire il va lutter contre une dispersion naturelle ou artificielle, pour rassemblé ce qui est éparpillé.
Pour distinguer cette différence, observant l’exemple suivant tiré d’un entretien anonyme d’un bibliophile, il disait ; «
parce que le livre n'est pas qu'objet inerte comme le timbre ou la pièce de monnaie, il est aussi matière intellectuelle. Le livre fait sens. Une accumulation thématique de 300 timbres restera
une collection de timbres, une réunion de 300 livres va créer un tout dont le résultat sera supérieur à la somme des parties. Ce tout, c'est la bibliothèque».
Les différentes collections de livres réunis par un collectionneur restent un ensemble de livres, ceux de bibliophile forment
une bibliothèque, « ce qui veut dire que le collectionneur exerce une activité d’accumulation d’ouvrages, un exercice qui se focalise sur l’objet, par opposition au bibliophile qui
pratique une forte codification». Source de la citation entretien anonyme.
Marché de la bibliophilie et les nouvelles tendances
Le marché de la bibliophilie est un secteur discret, qui est occulté par le marché de la peinture et de la sculpture, il
est en constante mutation, il connait une effervescence sans relâche. Le livre fait objet d’une grande convoitise, il est régi par la loi de marché, avec des grands spécialistes de livre, les
bookman en anglais.
Si les années 70 ont vu émergé une consommation considérable au roman policier, d’espionnage et de science fiction, à bas prix,
qui ont été considéré comme une sous-littérature, ce manque de considération a contribué à faire disparaitre des livres majeurs. Une posture pessimiste de cette époque, mais les bibliophiles ont
tenté de réparer ces injustices, « puisqu’il n y pas de beaux livres anciens, pourquoi ne pas collectionner des modernes…», M. Vaucaire (p 14), ce fut un début pour la
valorisation du roman noir, ainsi les livres d’Edger Alain Poe ou de Nick Carter valent un incunable.
Dans ce marché aussi instable que le marché de l’or noir, les livres obéissent a l’effet de la mode, chaque dix ans des
nouvelles tendances émergent, l’influence de la mode est sensible concernant les ouvrages illustrés par exemple, si en 1900, les illustrés romantiques étaient peu demandés a cause de leurs
cartonnages, en 1925 ils sont devenus des livres rares. Ainsi durant les années 60 la vogue est aux livres de peintres et dessinateurs comme Bofa et Falké.
Il est facile de constater que pour les livres des écrivains dits modernes, la tendance se renverse chaque dix ans, certains
rechutent et autres resurgissent, et c’est ici que consiste le travail d’anticipation de bibliophile , « savoir aimer aujourd’hui ce que les autres n’aiment pas».
Contrairement aux livres modernes, les anciens restent insensibles aux effets de mode, ainsi les livres des grands classiques français, Molière, Pascal ou Montesquieu, comme tous les grands noms
du Lagarde, Baudelaire, Proust, Genet, sont très prisés.
Dans le domaine de la bibliophile, il existe d’autres champs, un peu occultés par les livres littéraires, pour longtemps les
bibliophiles se sont focalisés sur les grands prosateurs, oubliant les autres domaines, c’est les Anglais et les Américains qui sont les premiers et les grands collectionneurs de livres sur
la science, ils détiennent les livres les plus rares de la science française. Des ouvrages qui passionnent des scientifiques avides de découvrir les premières inventions scientifiques, et les
personnages scientifiques qui ont changés le monde.
Pour les bibliophiles qui s’intéressent a l’électricité, il est vital de posséder l’ouvrage d’Ampère, Théorie des phénomènes
électrodynamiques, paru en 1826, à paris, pour l’astronomie, le livre de Copernic De revolutionibus Orbium Coelestium, édité a Nuremberg en 1543, ils sont des livres de grand
prix.
Les livres sur les sciences fascinent certains bibliophiles, ne seulement pour leurs contenu, mais aussi pour les différentes
illustrations, Rodolphe Chamonal disait « les gens sont séduits par l’aspect spectaculaire de ces livres, qui sont en général abondamment illustrés», les livres d’Ambroise Paré
ce chirurgien parisien sont une illustration parfaite, ils sont des monographies si rares, dont Méthode de traicter les playes faictes par Hacquebutes et aultres bastons a feu, qui est un livre
si illustré de nombreuses figures.
L’ère moderne a émergé beaucoup de bibliophiles spécialisés, ainsi la botanique, la gastronomie et l’ornithologie semblent
devenir des activités captivantes. Depuis une quarantaine d’année la bibliophile gastronomique est mises en avant, les livres de Grimod sont propulsés en avant et rencontrent beaucoup
d’amateur.
Depuis une vingtaine d’années, les livres de voyages sont aussi plébiscités par les bibliophiles du monde entier. Toutefois ils
existent
deux sortes de livres, ceux qui ont été rédigés par le marin et ceux qui sont produits par des simples voyageurs, le Voyage en
Italie de Giono. Pour les bibliophiles les premiers ont plus d’intérêt, le Voyage à Jérusalem de Breydenbach ou les ouvrages qui traitent de la découverte du monde, et donc des voyages
maritimes, suscitent une forte demande, la lettre de Christophe Colomb a Raphél Sanchez en latin, constitue un trésor.
Sur le Canada, le livre de Jacques Cartier Bref récit et succincte narration faicte es isles de Canada en 1545, et
L’histoire de la nouvelle France de Charlevoix en 1744, constituent des livres rares.
On assiste depuis le début de siècle a une forme de course aux livres de peintres, comme Picasso, Dali, Ernst, soucieux d’aider
leurs amis écrivains, dans une industrie si malade ou par l’entremise des spécialistes en édition, tel Vollard, un éditeur qui fait appel aux peintres, pour réaliser des meilleures productions.
Des ouvrages raffinés, si remarquables prisés par les bibliophiles.
La globalisation des demandes aux livres via la toile, a fait grimper la cote des ces livres aux petits tirages, au point qu’ils
sont introuvable, et de plus en plus chers, une situation qui s’applique a tous les livres bibliophiles, c’est un phénomène globale qui touche tous les domaines de la biblio. Un phénomène
accentué par la course infernale de différents musées, bibliothèques, les universités américaines et des bibliophiles anonymes, qui dépensent sans penser, réduisant ainsi l’offre sur le marché
bibliophile. Anne Lamort en repense a Buvat Valentine, elle disait « Il y a vingt ans, il était courant qu’un libraire possède un exemplaire de la Grande Encyclopédie de Diderot et
d’Alembert, sans certitude aucune de la vendre avant plusieurs années. Aujourd’hui, j’ai une vingtaine de demandes en attente pour cet ouvrage qui est devenu extrêmement difficile à
trouver».
Depuis le début de XX sièclee, les tendances se métamorphosent chaque cinq ans, les bibliophiles cherchent les livres sur des
séries noirs, Jean Baptiste de Proyart (expert de livres, chez Sotheby’s) cité par Jérôme Chasnier, qui disait : « on peut rechercher des livres de poche comme les premières Série
Noire de chez Gallimard. Les éditions originales de James Bond s’arrachent aux États-Unis. Un exemplaire de l'Ulysse de James Joyce, imprimé à Paris, avec ses innombrables coquilles, peut valoir
60 000 dollars (40 000 euros).» Article paru dans la Tribune (journal français).
Pour les tendances actuelles, elles se penchent vers, la bande dessinée de Tintin en noir et blanc et bécassine d’avant 1930, le
livre Jules Verne dans son édition originale, Hetzel, Voyages extraordinaires et les livres de poche surtout ceux illustrés par le grand graphiste français Pierre faucheux. Ces nouvelles
tendances, elles sont appelées dans le jargon bibliophilique et le milieu, par la «petite bibliophilie».
Conclusion
La bibliophilie, ce n'est pas seulement l'amour du beau livre, ni une passion qui peut devenir dévorante, c'est aussi une sorte
de baromètre, pour apprécier la place exacte qu'occupe un écrivain, célèbre ou méconnu, dans l'histoire des lettres.
Balzac disait à propos des bibliophiles se sont ceux qui « possédait les trois éléments de succès : les jambes de
cerfs, le temps des flâneurs et la patience de l’israélite». H de Balzac. 1873, p29.
Enfin, le bibliophile est l’ermite qui aime brocanter, qui vit le livre comme une passion, Albert Cazes dans Les ouvres choisies
de Nodier, tiré de sa nouvelle, Le bibliomane, p271, il disait« Théodore ne parlait plus, ne riait plus, ne jouait plus […]. Les femmes qu’il avait aimées dans sa jeunesse n’atteignait
plus ses regards, ou tout au plus il ne regardait qu’au pied : et quand une chaussure élégante de quelque brillante couleur avait frappait son attention : Hélas! Disait-il en tirant un
gémissement profond de sa poitrine. Voila de Maroquin perdu.».
Références bibliographiques
Albaric. Michel. 1997. Une histoire de l'accès à l'information : inspiration, constitution, transmission et récit du corpus
biblique dans la tradition chrétienne Solaris", nº 4, Juin 1997.
Balzac Honoré, 1973. Le cousin Pons, Paris édition Gallimard.
Buvat Valentine. 2002. La bibliophilie, un marché discret mais actif Le Journal des Arts - n° 149 - 17 mai 2002. Site
téléaccessible au <http://www.artclair.com/jda/archives/docs_
article /47177/la-bibliophilie-un-marche-discret-mais-actif.php>
Chasnier Jérôme. 2008. Le livre, valeur refuge méconnue. France Journal la tribune. Article de 9 mai 2008.
Cazes Albert, 1981, Les œuvres choisies de Nodier, Paris, Delagrave.
Vaucaire Michel. 1970. La bibliophilie. Paris presses universitaires de France « Que sais-je?»
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